Mongolie : immersion chez les éleveurs de rennes tsaatans
- 11 juin
- 2 min de lecture
De retour du nord de la Mongolie, Jean, guide chez Explore Aventure, nous partage les souvenirs d'un voyage hors du commun au cœur du territoire des Tsaatans.
Entre les rives encore gelées du lac Khövsgöl, les dernières neiges du printemps et les immenses forêts qui s'étendent jusqu'à la frontière russe, ce séjour a plongé les voyageurs dans l'un des espaces les plus sauvages et préservés d'Asie.
Voici son récit.
Me voici de retour du nord de la Mongolie, où l'hiver nous a rattrapés dès les premiers jours de notre voyage.
À notre arrivée, le lac Khövsgöl était encore prisonnier des glaces. Sur les prairies détrempées par la fonte des neiges, les premières anémones pointaient timidement leurs pétales vers le soleil. Quelques jours plus tôt, tout était encore blanc. Ici, le printemps avance lentement, comme s'il prenait son temps.
L'ambiance était magique.
Pour un guide, quel bonheur de parcourir des espaces où l'empreinte de l'homme semble encore presque insignifiante. Des kilomètres de forêts, de montagnes et de vallées où la nature demeure souveraine. Bien sûr, quelques bouteilles de vodka abandonnées rappellent parfois que l'homme est passé par là. Mais dans l'ensemble, tout semble avoir trouvé son équilibre.
Peut-être parce que les communautés qui vivent dans ces régions savent que leur existence dépend directement du respect qu'elles portent à leur environnement. Ici, la nature n'est pas un décor. Elle nourrit, protège et impose ses règles.
Puis vient le moment de quitter les pistes pour rejoindre les Tsaatans.
Loin vers le nord, au pied des montagnes qui marquent la frontière avec la Russie, quelques familles perpétuent encore un mode de vie ancestral fondé sur l'élevage du renne. Dans cette immense taïga, leurs tipis apparaissent presque comme un mirage.
Lorsque nous arrivons au campement, nous avons tous l'impression d'entrer dans un rêve d'enfant.
On s'installe sous les tipis et l'on profite...
On profite du temps qui passe.
Du rythme lent des rennes qui partent au petit matin à la recherche de leur lichen préféré.
Du rythme paisible des hommes tsaatans qui s'enfoncent dans la forêt pour couper le bois nécessaire à la vie du campement et le ramènent à dos de renne.
Du rythme tranquille des femmes qui traient les femelles.
Du rythme joyeux des enfants qui courent et jouent au cœur du campement.
Ici, personne ne regarde sa montre.
Là, sans se soucier du temps qui passe, la reconnexion à ce grand tout devient presque naturelle.
Pendant quelques jours, nous oublions les horaires, les écrans, les informations et l'agitation permanente qui rythment souvent nos vies. Nous retrouvons quelque chose de plus simple, de plus essentiel.
Au bout du voyage, alors que nous reprenons la route du retour, l'un des participants me confie simplement :
« Merci de m'avoir fait vivre un Rendez-vous en terre inconnue. »
Je crois que cette phrase résume parfaitement ce que nous avons vécu ensemble.
Car au-delà des paysages grandioses, ce sont avant tout les rencontres humaines, le partage et l'immersion dans un autre mode de vie qui donnent tout son sens au voyage.
Et dans le nord de la Mongolie, au cœur du pays tsaatan, ces moments existent encore.




